ton-histoire

Oups

Tu as appris à dire « oups ». Tu m'as entendu le dire une fois et tu m'en as fait expliquer la signification... Depuis tu l'utilise. beaucoup quitte à faire une bêtise juste pour pouvoir le dire... « T'as vu, j'ai dit 'oups' ! »

Tu inventes toujours des expressions très parlantes. La dernière c'est « marcher en colère » pour faire allusion aux pas pesants d'un papa qui s'en vient, tel un bourreau, condamner sa fille.

Tes sorties sont parfois... surprenantes : « Non mais papa ! Il faut enlever ton chapeau ! Autrement t'es un robot... »

Un jour, alors que tu mangeais une salade agrémentée d'une vinaigrette dont j'ai le secret, tu me confies : « Moi j'ai pas de barbe alors ça pique » Il faut quand même avouer qu'il y a une certaine logique derrière cette affirmation : je porte la barbe et pas toi ; ça te pique quand on se fait un bisou mais pas moi... qui porte la barbe est protégé de toute piqûre !

On t'a toujours dit qu'on allait à la piscine en été. Aussi quand il a été question que tu y ailles cet après-midi là, en plein hivers, tu t'es interrogée : « Mais il y a la neige... Ben elle aura fondu après ! » Etrange que ces 30 centimètres de neige n'ai effectivement pas fondu pendant la durée de ta sieste...

Il y a quelque temps, Sarah t'expliquait la chronologie des anniversaires des membres de la famille. Quand tu as compris que tu n'étais pas du même mois que nous tu étais toute dépitée : « Mais je serai plus avec papa et maman et Lou ? » Il a alors fallut t'expliquer qu'il ne s'agissait pas de lieu mais de temps...

Ceci dit, tu sais te corriger : « T'as vu, j'ai soufflè... j'ai souffli... j'ai soufflé. » Ou nous reprendre d'ailleurs : Moi :« Je commence à avoir faim, pas toi ? » Toi : « Non, c'est pas toi. »

Bien sûr, tout n'est pas maîtrisé. L'autre jour j'ai mis un bon moment à comprendre de quoi tu voulais parler quand tu me disais que tu voulais du sugus. Il y avait quelque chose qui semblait ne pas cadrer au niveau du contexte. Effectivement vu que tu voulais en réalité du couscous...

Il paraît que ces légers troubles du langage sont communs, surtout pour les enfants qui, comme toi sont bilingues... Oui, tu parles anglais... Tu sais dire « Thank you » et « My name's Nora », oui madame !

Tu es très attentionnée : tu as fait papa, maman et Nora en bonhomme de neige et quand ta grand-mère patiente mais transie t'as signifié l'heure de rentrer tu t'es indigné : « Pis Lou ! » et ne t'es exécutée qu'une fois ta tâche accomplie.

Un soir, je te dit « Bonne nuit, Nora, fait de beaux rêves » et m'apprêtais à quitter la pièce quand tu m'arrête « Pis à Loulou aussi ! ». Alors je suis allé redire bonne nuit à ton frère qui dormait déjà.

Je crois que tu l'aimes bien ton petit Loulou.

Alors que Mama allait rentrer chez elle après t'avoir rendue visite, tu ne semblais pas tant désireuse de lui dire au revoir tnt tu étais absorbée dans tes jeux. Au moment où elle franchit le seuil de la porte, tu t'es élancée vers elle, presque paniquée pour lui faire un bisou. Une fois la porte fermée tu me confie : « J'avais peur que Mama parte sans bisou... »

Cela dit, tu peux être plus cavalière. Mama venait te garder un soir pour que tes serviteurs, accessoirement tes parents, puissent aller manger en tête à tête. Tu lui expliques le menu : « Après papa et maman reviennent et toi tu rentres dans ta maison ! »

Tu es vraiment très coquette et l'habillage peut vite prendre une allure de drame si tu n'as pas ta « zupe » (jupe) ou autre vêtement sur lequel tu as jeté ton dévolu. Tu vas ensuite te mirer dans le miroir vérifier si tu es bien belle ou s'il ne te faudrait pas des « p'tites couettes » pour parfaire l'ensemble.

Tu voulais même te mettre « du maquillage sur les doigts ». Cette idée te vient d'une histoire que Mamie t'a racontée pour t'endormir. Elle était sur le point de faire effet quand Mamie a parlé de vernis à ongle, ce qui a immédiatement piqué ton intérêt et t'a tiré de ta somnolence. Redressée sur ton lit, tu as pressée ta grand-mère de te livrer les plus infimes détails sur ce mystérieux maquillage des ongles et j'imagine que tes rêves furent colorés d'autant de doigts chatoyants.

Alors que j'allais te chercher à la crèche, tu voulais vraiment t'habiller toute seule aussi je t'ai proposé d'aller t'habiller pendant que j'allais récupérer ton frère. Seulement au lieu de t'habiller tu t'es mise à jouer. C'est donc une éducatrice qui s'est chargée de te vêtir à ton grand damne. Mais aussitôt la porte franchie, tu t'es prestement débarrassée de tous ce que tu 'avais pas mis toi-même...

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