ton-histoire

Un an

C'est stupéfiant comme le temps passe vite...

Tu as fais énormément de progrès ce mois: tu as appris à te tenir debout sans appui et même à danser sur le son de la musique, tu as appris à faire des caresses même si elles sont quelque peu brutales... Tu as appris à dessiner, à te déplacer à quatre patte et tu as même fais tes premiers pas toute seule.
A ce propos, tu ne crains ni bosses, ni bleus et tu te lance résolument dans la traversée d'espace avec un optimisme qui dépasse souvent ta coordination motrice et ton équilibre... Mais rien ne semble te faire peur... Ce n'est pas pour rien qu'on t'appelle "Guerrière", "Combattante" ou "Survivante". 

En fait, je ne crois pas avoir donné de réelles explications quant à ces surnoms... Une bonne occasion de le faire se présente ici puisque leur origine remonte à un an en arrière, le jour de ta naissance...

Comme je l'ai déjà dit, au moment de ta venue au monde, ton cordon ombilical était enroulé par deux fois autour de ton cou, ton visage et tes membre étaient cyanosés et tu semblais comme agité de spasmes... Une minute a dû s'écouler (dieu qu'elle semblait longue!) et aucun son ne sortait de tes lèvres crispées. Tu fut d'urgence emmenée dans une salle de soins où tu allais recevoir toute l'aide possible pour t'aider dans ta lutte contre la mort...
Il existe un test, le score d'Apgar, qui évalue la santé d'un être à sa naissance et qui s'échelonne de 0 à 10, de l'arrêt cardiaque à l'état physiologique.
Après 1 minute, ton score était de 1, ce qui correspond à une mort apparente.

Au moment des faits, ni moi ni ta mère ne savions si tu allais survivre et les idées les plus sombres hantaient déjà mon esprit fatigué.

Quand j'ai enfin pu te voir, tu arrachais toi même ta sonde pulmonaire en même temps que tu arrachais des cris d'étonnements des médecins présent. Et quand Sarah te présenta le sein, tu as immédiatement su le trouver, forçant ainsi l'admiration des deux sages-femmes présente. Je me souviens de l'intensité de ton regard que tu plongeais dans celui de Sarah... tu avais repris des couleurs... tu étais vivante.

Après 5 minutes ton score Apgar était redevenu normal.

Tous les test suivant n'ont fait que confirmer que tu étais en parfaite santé et que ton combat pour la vie ne t'avais laissé aucune séquelle.

Voilà donc l'origine de ces quelques épithètes... 

Et nous voilà un an plus tard, tu es toujours en pleine forme, pratiquement jamais malade, aucune maladie sérieuse, pas de nez qui coule, d'asthme ou autre; tu n'as eu qu'une fois un peu de fièvre!

Il y a quelque temps donc, tu faisais tes premiers pas toute seule. Maintenant tu parcours de plus grand espace, vaillamment et tu t'améliore de jour en jour.

Tu commences aussi à prononcer quelques mots tels que "perroquet" (évidemment on le devinne plus que tu ne l'articule réellement) "drodro" (ça c'est ton dromadaire: quand on te demande où il est, tu commences à rire et tu pars à sa recherche...) "coucou", "papa" et "mama". Et tu chantonnes aussi: il y a trois notes que tu répètes très souvent et qui constituent maintenant une sorte de mélodie familiale...

Tu te fais très bien comprendre et désignant ce que tu veux et en imitant une intonation interrogative et quand tu n'obtiens pas ce que tu veux, tu nous prends par le doigt et nous montre.

Tu comprends très vite les choses, comment fermer ou ouvrir, ce que "non" signifie... Quand tu vois de la crème qui dépasse du tube, tu t'en saisi délicatement avec l'extrémité de ton indexe et te l'étale sur le ventre ou le visage...

Avec le retour des beaux jours, nous te mettons un peu de crème solaire mais nous avons déjà remarqué à quel point ta peau bronze vite.  Elle semble d'ailleurs avoir aussi un petit grain de beauté au niveau du front.

A propos de beauté, tu es une vraie charmeuse. Tous les garçon s de ton age que tu as rencontré semblent éperdument amoureux, me rapporte-t-on et tu as une foule de prétendants (dont je garde la liste, avec leur nom et adresse afin de les avoir à l'oeil)
Sarah me raconte que même dans le bus, tu es prête à faire un potin de tout les diables jusqu'à ce qu'un beau jeune homme ou un autre te prête attention et qu'à ce moment là, tu fais ta timide et exhibes tous tes charmes...

Tu es une sacrée coquine en définitive! 

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